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  • Mis à jour le 24-08-2008
  • Créé le 31-07-2007


Le goût de l'immortalité. Catherine Dufour



Mandchourie en l’an 2305. L’Occident n’est plus que l’ombre de lui-même et c’est la Chine qui dirige le monde. Ha Rebin est une mégalopole tentaculaire qui fait dresser les uns contre les autres de multiples tours d’habitations hauts de plusieurs kilomètres. Dans cette ville une vieille dame revient sur sa vie et surtout sa jeunesse à travers une lettre adressée à un correspondant rencontré dans un monde virtuel. Elle y évoque des événements, qui ont commencé en 2113 et qui ont marqués sont existence, ainsi que plusieurs personnages qui ont croisé son chemin durant cette période : Cmatic, brillant entomologiste, envoyé en urgence en Polynésie pour y mener une enquête sur trois cas de paludisme, maladie éradiquée depuis un siècle. Cheng, jeune paumée des bas fond au destin chaotique. Iasmitine la mystérieuse guérisseuse du 42e étage. Mais derrière tout cela il est avant tout question du rêve le plus fou de l’humanité : la conquête de l’immortalité.

Catherine Dufour est une écrivaine française, à qui l'on doit notamment la trilogie humoristique Quand les Dieux buvaient, qui signe avec Le Goût de l’Immortalité un roman de science-fiction hors normes se déroulant dans un univers terriblement sombre.
Le thème principal est celui de l’immortalité qui sans être un sujet bien original dans le monde de la science-fiction est cependant traité de façon assez inédite. Jusqu’ou sommes-nous prêt à aller pour vivre éternellement ? La vie éternelle peut-elle se bâtir sur la mort des autres ? A quoi ressemblera une société de vieux croulants aux physiques de jeunots ? Tels sont les questions qui se posent au  cours du roman.
La forme de narration, une longue correspondance, est aussi très original dans le domaine de la science-fiction. De cette correspondance, ou plutôt une longue confession, se révèle au lecteur l’image évidemment subjectif d’un univers glauque à souhait. Le lecteur ressent toute la tristesse et le désespoir de la narratrice, mais aussi ses joies vécues. Le récit en devient donc très vivant, mais aussi très difficile d’entrée point de vue lecture. Si l’ambiance et l’univers décrit sont très prenants et l’histoire fort intéressante, il faut cependant critiquer le fait que le personnage principal est difficile à cerner et la distanciation qui faite de l’histoire proprement dite, par l’intermédiaire de cette correspondance, fait qu’il est difficile de s’identifier ou de s’intéresser réellement au sort des divers personnages.
De plus, afin de rendre cette correspondance plus réelle, l’auteur semble faire exprès d’y intégrer de nombreuses fautes de frappe (les majuscules entre autres sont rarement respectés). Ceci a cependant pour effet de distancier encore plus le lecteur de l’histoire et de ses personnages et le conduit petit à petit à un certain désintéressement.

A noter que la première phrase du roman (Mon cher Marc...) est la première phrase des mémoires d'Hadrien et la seconde est imitée de la lettre 75 des Liaisons dangereuses (1782) de Pierre Choderlos de Laclos (La voilà donc vaincue, cette femme superbe qui avait osé croire qu'elle pourrait me résister ! Oui, mon amie, elle est à moi, entièrement à moi; et depuis hier, elle n'a plus rien à m'accorder.).

La Goût de l’immortalité, malgré certains défauts, est un très intéressant et fort original roman de science-fiction.


Article ajouté le 2007-12-16 , consulté 18 fois

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